Vous n’avez toujours pas fini ?!

Bastien Siebman Vous n'avez toujours pas fini

 

«Vous n’avez toujours pas fini ?!». C’est une phrase que j’entends souvent de la part de mes proches. Pour eux, ButterflyEffect ne développe «qu’une application mobile», ce qui ne doit pas prendre tant de temps que ça après tout ! Comme dirait mon frère «après tout n’importe quel gamin peut développer une application».

D’une part notre travail ne se limite pas au développement d’une simple application. D’autre part, le monde du business et ses acteurs ne sont pas connus pour être particulièrement réactifs. Petit tour d’horizon des tâches les plus chronophages.

 

Apple et sa rigueur

Le processus d’ajout d’une application sur l’Apple Store est souvent méconnu. Contrairement à son concurrent Android, où il suffit de proposer une application pour qu’elle soit disponible au téléchargement immédiatement, Apple étudie et valide chaque application individuellement. Selon Apple, 99% des applications sont validées dans les 5 «business-days». Dans la pratique ? Comptez 7 jours (le week-end n’étant pas un «business day») et surtout ne comptez pas sur Apple pour être en avance : ils valideront l’application à la dernière seconde du 7ième jour !

Si jamais Apple n’est pas satisfait de l’application (bug, non-respect du règlement…), le comité d’examen refuse l’application. Deux choix  s’offrent alors à vous : re-soumettre une nouvelle version (encore 7 jours d’attente) ou engager une discussion avec ledit comité. S’il reconnaît son erreur, ou que vous pouvez corriger le bug à distance, vous repartez pour 2 à 3 jours avant un nouvel examen. A noter qu’Apple refuse très souvent des applications pour des raisons non-valables, simplement parce qu’ils ont testé à la va-vite : soit ils ne sont pas allés jusqu’au bout du test, soit parce que le testeur est non-francophone et ne comprend donc pas les messages dans l’application ! Dans notre cas, Apple demande qu’un don ait lieu en dehors de l’application. Nous avons donc un beau message au moment du don «Attention vous allez sortir de l’application…». Le testeur ne comprenant pas le message en français, il pense que le don est sur le point d’être validé, et refuse donc au motif que l’on ne respecte pas les consignes. Restons calmes 🙂

 

Pas de mise à jour à distance

En choisissant de développer des applications mobiles, nous n’avons pas fait le choix le plus simple : contrairement à un site internet, une application mobile ne se met (généralement) pas à jour à distance. Il n’est donc pas question de publier une application avec un bug, sans quoi il faudrait rapidement refaire tout le processus, avec notamment les 7 jours de validation d’Apple…

Une application doit donc être testée dans tous les sens, avant chaque soumission. Ce qui veut dire tester tous les écrans, suivant tous les scénarios possibles (par exemple «utilisateur connecté», «utilisateur non-connecté») et sur divers téléphones.

 

L’application n’est que la partie visible de l’iceberg

Une application mobile est généralement couplée à toute une partie serveur (dans le «cloud»), ce qui la rend vivante. Le serveur stocke les données, les envoie à l’application, obéit aux ordres de l’application, génère des PDFs, envoie des e-mails… Le temps nécessaire au développement de l’application en elle-même représente ainsi à peine la moitié du travail de développement global.

 

Je relance, ou je ne relance pas ?

Les e-mails sont un outil incontournables dans notre travail. A ce jour j’ai reçu plus de 4000 mails concernant le projet, qu’il faut analyser, trier et auxquels il faut répondre. Mais ce qui fait perdre le plus de temps est l’absence de réponse d’un partenaire ou d’un client. Lorsque vous avez envoyé une proposition commerciale, et que vous n’avez pas de réponse depuis une semaine, faut-il le relancer ? Faut-il encore attendre ? Après la seconde relance combien de temps faut-il encore attendre ? Ces décisions ne sont pas simples, surtout quand certains vous disent après deux mois qu’ils n’ont reçu aucun mail car tout allait dans les courriers indésirables !

 

Les concours, le casino de l’entrepreneuriat

Depuis le début du projet, nous avons participé à 15 concours différents. Pour chacun d’eux, c’est généralement un dossier de 10 pages à remplir, dont les questions sont rarement similaires. Notre projet évoluant avec le temps, il faut généralement tout reprendre à zéro dans la rédaction des dossiers. Près de la moitié des concours ont nécessité un déplacement et une présentation sur place. Mais nous avons de la chance : dans 50% des cas nous avons atteint le podium. Pour chaque concours, il faut mettre en regard les heures de préparation avec le gain potentiel.

 

Un blog et une newsletter, seul contact avec l’extérieur

Le blog du projet et la newsletter associée sont les seuls contacts que nous avons avec l’extérieur, et qui nous permettent de communiquer avec nos partenaires, nos clients et nos proches. 26 articles et 2 newsletters plus tard, le temps passé n’est pas négligeable. Ce travail de communication inclut également la réalisation du site internet, et sa refonte régulière.

 

Retournez à la case départ, ne touchez pas 20.000 francs

Le «retour à la case départ», c’est cette décision prise en équipe qui vous fait jeter aux oubliettes pas mal d’heures de travail. Ce n’est jamais un problème, car c’est toujours dans un souci d’amélioration et de perfectionnement. Quelques exemples de «retour à la case départ» :

  • nous avions initialement développé un «simulateur» permettant de montrer une version de l’application sur un site-web. Après quelques semaines de développement, le projet a été abandonné au profit d’une alternative plus performante.
  • nous avions commencé à former les associations à paramétrer les systèmes de paiements et à négocier avec leur banquier pour profiter des meilleurs tarifs de collecte. Après plusieurs mois sans résultats concluants, retour à la réalité : il faut qu’une seule entité collecte les dons, et non chaque association individuellement.

 

 

J’espère que cette liste non-exhaustive permettra de mieux se rendre compte des différentes tâches très chronophages qui font que non «nous n’avons toujours pas fini». En réalité, nous n’aurons jamais fini. Mais chut! ça il ne faut pas le dire !

Et vous, connaissez-vous d’autres tâches chronophages que j’ai pu oublier ?

2 réponses à “Vous n’avez toujours pas fini ?!”

  1. Gilles dit :

    Voilà qui est plus clair.
    Mais sinon ? Vous finissez quand ?
    (;-))

  2. Siebmanb dit :

    On met actuellement en place les dernières étapes avant de sortir l’application 🙂

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