Papa, Maman, tous les matins je me lève…

… en découvrant une nouvelle start-up qui a levé 10 millions d’euros, qui s’est vendue à 1 milliards de dollars ou qui rassemble l’équivalent de 10 fois le nombre de français en utilisateurs. Et tous les matins je me dis : comment vais-je expliquer à ma famille que ces exceptions ne sont pas la règle, que ce n’est pas la vraie vie ?

Papa, Maman, ce que vous voyez à la TV représente 1% des start-ups. Pour le reste, les 99% restantes, la moitié mourra dans les 6 mois. Un tiers passera la barre des 3 ans et un quart la barre des 5 ans. La voilà la vérité.

Tous les matins, je me lève en me disant que je vais construire quelque chose d’utile pour la société. Quelque chose que des personnes attendent. Quelque chose qui soit à la fois pratique, simple, beau et surtout pas cher. Certains vont même jusqu’à considérer que tout ce que je vais créer devrait être gratuit. C’est normal : Facebook est gratuit; Twitter est gratuit; la musique est gratuite; les films sont gratuits. Tous les matins, je me lève en me demandant comment je vais réussir à créer de la valeur, et que cette valeur soit suffisante pour qu’un utilisateur veuille bien sortir sa carte bleue. Sauf que dans la plupart des cas, sortir sa carte bleue est déjà trop compliqué, alors il faut trouver d’autres systèmes plus simples, plus innovants.

Tous les matins, je me dis que dans une société idéale, je n’aurais pas besoin de me soucier de vendre mon produit. Je créé de la valeur pour la société, je ne devrais pas avoir à me battre pour payer mon repas chaque jour ! Peu importe, je suis fier d’aider la société, alors je me bats pour passer les étapes de création. Je paye un avocat une fortune pour rédiger mes statuts. Je paye un comptable pour m’éviter l’erreur qui me fera atterrir en prison. J’accepte de cotiser pour une protection sociale alors que je ne gagne encore pas un euro.

Je développe un produit innovant, je vais donc fièrement voir l’Etat pour obtenir des aides. Après tout, la France est connue pour soutenir l’innovation, cette solution miracle permettant d’améliorer la compétitivité de notre pays. Et là j’apprends que comme je n’ai pas déposé de brevet, ce que je fais n’est pas innovant. Je ne perds pas espoir et me tourne vers les organismes aidant l’innovation sociale, cette nouvelle forme d’innovation qui donne du sens à l’entreprise, face aux dérives de la finance. Et là j’apprends que comme je ne suis pas une association, et que je compte me verser un salaire raisonnable après des mois de disette, je ne suis pas considéré comme social. Résigné, je décide de me tourner vers les investisseurs privés, ces Angels qui permettent aux jeunes start-up de décoller… Seul hic: il semblerait que je ne les intéresse pas, car je ne projette pas de faire 10 millions de chiffre d’affaires à 5 ans. Le social, ça ne paye pas assez paraît-il.

Tous les matins, je me lève en me disant que même si le parcours s’annonce semé d’embûches, je vais quand même mettre mes tripes dans ce que je fais, car c’est ce que j’aime et ce qui donne du sens à ma vie. Papa, Maman, être entrepreneur, c’est cela : faire de sa passion un métier, tout en sachant que chaque jour il faudra gagner à la sueur de son front le droit de continuer le lendemain…

 

Edit : cet article n’est pas à prendre au pied de la lettre. Je n’ai jamais été aussi heureux que maintenant. J’ai fait de ma passion mon métier, et ma famille me soutient à 100% dans cette voie. Je voulais simplement mettre en avant que notre travail n’est pas si simple, et que les obstacles sont nombreux et méconnus.

8 réponses à “Papa, Maman, tous les matins je me lève…”

  1. Papa dit :

    Je suis un fier papa. Admiratif et fier de son fils. Accroche-toi.

  2. Siebmanb dit :

    Merci Papa 🙂 Et merci à vous de m’aider !

  3. Damien dit :

    Superbe article Bastien !

    C’est vrai que les gens n’entendent que les Facebook qui rachète les Instagram pour 1 milliard, les levées de fonds de x millions …. Mais créer, développer et mener à bien son projet est autrement plus difficile que d’être derrière un simple écran d’ordinateur. Une start-up, c’est un business, une entreprise, autrement dit il faut savoir jongler avec ses capacités techniques mais aussi passer énormément de temps sur l’administratif, la comptabilité, le relationnel pour trouver différents acteurs intéréssés par notre projet …

    Mais sincèrement, quand je vois comme vous vous démenez, j’ai confiance en ton projet.

    Longue vie pour Butterfly Effect !!!

  4. Siebmanb dit :

    Merci Damien 🙂

  5. M'man dit :

    Bravo pour cet article et pour tout ce que tu fais. Je t’admire. Je t’aime. Bon courage pour la suite. Plein de bisous.

  6. Siebmanb dit :

    Merci pour le soutien, on travaille dur pour réussir et vous rendre fiers 😉

  7. LIBERSA Catherine dit :

    Je suis la maman de l’autre Bastien de Butterfly Effect, également très fière de mon fils et du travail que vous faites tous les 3. Bravo pour votre démarche, très professionnelle, qui révèle déjà une belle maturité.
    Et surtout, restez unis, c’est votre force !!!

  8. Siebmanb dit :

    Merci Maman de l’autre Bastien 🙂

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