Créer son entreprise : un challenge parsemé d’obstacles

Boules de neige Clem's Web

Je fais partie des rédacteurs réguliers du journal étudiant de mon école, l’Ensimag. Et l’été dernier, alors que mes recherches sur la création d’entreprises occupaient mon esprit, j’avais écrit l’article que je vous livre ici. Ça vaut ce que ça vaut, mais cet article décrit à mon sens assez bien ce que je ressens en ce moment par rapport au challenge qu’est l’entrepreneuriat.

Article à paraître dans le Post’IT, journal étudiant de l’Ensimag :

Voilà plusieurs semaines que lʼidée obsède mon esprit : créer ma société. Le projet ne me séduisait pas outre mesure par le passé mais les récents succès mondiaux de sites web (Facebook, Twitter) ou de logiciels (les applications Iphone ou Android montent en puissance) mʼont séduit. Même si le créateur de Facebook sort de Harvard (enfin a commencé Harvard et sʼest fait renvoyer), le site en lui-même semble

techniquement «réalisable», ou presque. Idem pour Twitter, dont la plateforme de micro- bloging ne semble pas être un obstacle technique insurmontable. Dans tous les cas, lʼidée prédomine. Même si de nombreux obstacles persistent, une fois lʼidée trouvée, cʼest déjà un bout de chemin parcouru.

Mais trouver le prochain concept révolutionnaire demande du travail : il vaut mieux avoir pas mal parcouru le web pour savoir ce qui se fait, ce qui se prépare et ce qui a déjà été abandonné. Les fausses joies sont fréquentes lorsque lʼidée géniale qui vient de nous apparaître existe déjà sur le net. Et il est souvent difficile de se rendre compte si lʼidée quʼon vous a «volé» marche vraiment.

Le deuxième obstacle est de garder la motivation. Certains experts disent que lʼexploit Facebook nʼa quʼune probabilité infime de se réaliser à nouveau tandis que dʼautres soutiennent que la plupart des grandes sociétés sont nées de lʼimagination dʼune seule personne. Finalement ce serait faisable.

Bon! Imaginons que vous avez lʼidée de lʼannée. Elle nʼexiste pas encore. Reste à sʼassurer quʼaucun brevet nʼa été déposé, ou quʼaucun des projets en construction chez Google ou Microsoft ne ressemble au vôtre. Il faut sʼassurer que votre idée est viable. Pour cela, il faut demander lʼavis aux gens, avec le risque que lʼinformation se répande, et quʼun étudiant ambitieux ne décide de sʼy mettre aussi à plein temps avec 15 de ses amis développeurs. Imaginons que vous avez évité tous ces pièges. Imaginons que vous avez bien évidemment mis sur pied un business model digne de ce nom, cʼest-à-dire une stratégie réaliste pour gagner de lʼargent. Il va falloir recruter les gens, et les convaincre de la puissance de votre idée. Il va falloir que tout ce petit monde trouve du temps pour travailler sur quelque chose qui un jour peut-être rapportera de lʼargent. A ce moment-là votre sens de la diplomatie et votre habileté à convaincre seront mis à rude épreuve.

Imaginons maintenant que le produit est presque terminé. Il va falloir se lancer. Tous les experts en création de starts-up sont formels : il faut mettre le produit sur le marché, le plus vite possible. «Put the product out there» comme ils disent. Même sʼil nʼest pas parfait. Mais le lancement dʼun produit sous-entend que vous ayez «créé le buzz» avant. Il est conseillé de mettre en place un blog. Il faut bien sûr monter un site internet. Il est également recommandé de devenir actif sur LinkedIn, Twitter ou encore Facebook. Il est important de commencer à se faire une place sur le net en répondant à des questions, postant des commentaires, publiant des articles. Et seulement à ce moment-là vous pouvez lancer le produit.

Voilà vous avez lancé votre produit. Comme il nʼy a pas vraiment de règle pour fixer le prix et que les études de marché appliquées aux technos émergentes manquent dʼobjectivité, vous êtes un peu «en freestyle». Faut quand même avoir un grain de folie pour aimer ça non ?Comme disait un de mes profs : «le lancement dʼun logiciel nʼest que le début de ton travail». Je pense que la phrase prendra tout son sens lors de la réception des premières plaintes de clients mécontents.

Voilà en gros comment marche le modèle classique. Il y a bien sûr des variantes, où par exemple vous êtes lʼétudiant ambitieux qui pique lʼidée de quelquʼun et bosse dessus avec vos potes dʼISI et un pote de lʼIAE pour le marketing, les finances et le management ! Mais cʼest quand même mieux quand lʼidée vient de vous non ?

Voilà. Après avoir lu ce «mode dʼemploi», il va subsister 3 types de personnes : ceux qui nʼont toujours pas envie de se lancer, ceux qui nʼont plus envie, et ceux qui ne seront pas satisfaits tant quʼils nʼauront pas essayé !

A ces derniers je dédie ces quelques derniers conseils glanés sur le web : développez votre réseau de personnes compétentes, trouvez-vous un partenaire idéal, réfléchissez constamment et mettez vos idées à lʼépreuve de la critique, profitez des opportunités offertes (cours de lʼEnsimag, incubateurs de Grenoble et bien sûr vos camarades et profs !). Lorsque vous êtes prêt : lancez-vous ! Pour info, la moitié des starts-up passent le cap des 3 ans tandis que lʼautre moitié a passé un bon moment et nʼen ressort quʼenrichi.

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Une réponse à “Créer son entreprise : un challenge parsemé d’obstacles”

  1. romm1 dit :

    Article intéressant !

    Soyez ultra-réactifs : comme tu le dis le time to market est très important pour les projets innovants car : d’une part même si on vous copie vous aurez l’image du premier et non du copieur ce qui n’est pas négligeable mais surtout, vous aurez alors rapidement des retours utilisateurs qui vous donnerons la possibilité de ce savoir ce qu’ils veulent réellement bien avant que vos concurrents puissent anticiper leur demande…

    Mais attention, cela peut être à double tranchant… il ne faut pas donner de fausse joie à votre communauté d’utilisateur : si vous solliciter son avis soyez prompts à leur répondre et à les mentionner si vous utiliser leurs suggestions pour de nouvelles fonctionnalités.

    Bien entendu beaucoup vous dirons que « si Ford avait écouté ses clients il aurit fabriqué des chevaux qui courent plus vite et non des voitures »…
    Certes c’est vrai, il ne faut pas toujours compter uniquement sur l’utilisateur por apporter de l’innovation de rupture…
    Mais une fois votre idée révolutionnaire grossièrement packagée dans un produit, vous pouvez la mettre entre les mains d’utilisateurs et observer l’usage qu’ils en font pour en découvrir ses futures voies de développement… C’est ce qui a été fait avec Twitter qui a tout de suite fourni un service minimaliste et une API ouverte.. les utilisateurs voire les développeurs d’applications ont créé des usages et peu à peu Twitter s’étoffe (RT, List etc…)

    Mais attention, il faut donc une fois le produit mis sur le marché être ultra réactif et c’est là quelquefois qu’en tant que startup on est pas suffisamment préparée : équipe trop réduite, trésorerie insuffisante…

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