Ce que j’ai retenu des jurys de cours de création d’entreprises

Source : Flickr/ssalonso

Le mois dernier, j’ai eu la chance de pouvoir assister aux jurys de soutenances des cours de création d’entreprises de Grenoble INP. J’avais moi-même déjà participé à ce cours et soutenu mon projet, mais cette fois je suis passé de l’autre côté du miroir, du côté où la décision finale se prend. Et je voulais partager avec vous les choses que j’ai découvertes.

 

1) Il y a un toujours un problème technique

Cet avertissement est régulièrement répété sur les blogs traitant de présentations. J’essayais moi-même de toujours prendre les précautions pour être prêt à tout éventualité. Mais là je dois dire que plusieurs groupes ont fait face à un problème quelque peu original : « Il n’y a pas d’ordinateur dans la salle ? ». Telle est la phrase que nous avons entendu plusieurs fois. Ces étudiants étaient issus d’une école où toutes les salles sont munies d’ordinateurs en libre-service. Ils avaient fait la supposition qu’il en était de même partout, et n’avaient en plus pas amené d’ordinateurs de secours. Autant dire que le jury n’a pas vraiment apprécié. Tout s’est bien terminé car un membre du jury a prêté le sien.

 

2) Ne voyez pas trop petit

Au petit jeu des estimations de chiffres d’affaire, beaucoup prennent le partie de voir petit, pour « être large . » Ce point a été reproché à une équipe qui avait vu trop petit, et qui dans la pratique se serait sûrement retrouvée avec beaucoup plus de clients que prévu. Et un fond de roulement insuffisant pour satisfaire la demande.

 

3) Il faut apprendre à dire « oui, vous avez raison »

J’ai assisté à une discussion où un étudiant s’obstinait face à un membre du jury. Il ne cessait de remettre en question ses arguments. Je pense qu’il arrive un moment où il faut savoir dire « oui, vous avez raison », même si on ne le pense pas.

 

4) Soyez prêt à répondre à des questions financières poussées

Souvent, ce qui intéresse le plus les membres du jury n’est pas forcément l’idée que vous présentez, mais bien le business model et le plan financier qui l’appuie. Soyez donc prêt à répondre à des questions financières poussées, à justifier vos besoins en fond de roulement, à expliquer d’où vient l’argent initialement, etc.

 

5) Le temps de débat du jury ne veut rien dire

Je doute que des gens analysent vraiment ce que signifie le temps de débat des jurys pour leur projet, mais je pense qu’il est bon de rappeler que cela ne veut rien dire. Il arrive que le jury parte sur des sujets autres que la soutenance en question !

 

6) Si le jury demande « Qu’est-ce que vous faites réellement ? », ce n’est pas bon signe

Inutile de développer ce point. Si le jury n’a pas compris en quoi consiste l’entreprise, vous avez raté le coche.

 

7) Ce n’est pas parce que votre camarade parle que vous êtes invisible

Si votre camarade est en train de faire sa partie de la présentation, restez tranquille. Vous êtes tout de même en face du jury, donc il vous voit très bien !

 

8 ) Ne regardez pas vos slides !

Regardez vos slides ne sert à rien, le jury les regarde déjà de son côté. Et le jury préfère vous regarder dans les yeux et vous écouter en parler (et non vous écouter lire ce qui est marqué dessus). Regardez plutôt l’écran de l’ordinateur si vous avez besoin de savoir où vous en êtes. Mais cela ne devrait pas être souvent le cas.

 

9) Apprenez à vous rendre sur chaque slide

Entraînez-vous à présenter, et connaissez votre présentation. Sachez où sont placées chaque slide, pour vous y rendre rapidement lorsque le jury le demande.

 

10) Ne basculez pas dans la boulimie visuelle

Par cela, j’entends qu’il ne faut pas mettre trop de texte sur les slides, mais qu’il ne faut pas non plus la remplir d’images. Par exemple, si vous parlez du marché des jeux vidéos, n’illustrez pas la slide avec 4 ou 5 images différentes de manettes. Une seule suffit. De même, il faut que l’image soit vraiment représentative. Parler de business model et montrer un enfant qui sourit, cela n’a pas de sens (j’invente ici mais vous comprenez l’idée).

 

11) Sachez rire de vous-même

Si vous sortez une énorme ânerie, sachez rire de vous-même. Comme par exemple lorsque l’on vous demande « Quel est le statut de votre entreprise ? » et que vous répondez « Une SSII»…   😉

 

Que pensez-vous de cette liste ? Cela fait-il écho à des situations que vous avez vécues ?

4 réponses à “Ce que j’ai retenu des jurys de cours de création d’entreprises”

  1. Quentin dit :

    Une bien belle analyse….

    Reste que je ne suis pas tout à fait en accord avec

    3) Il faut apprendre à dire « oui, vous avez raison »
    Je ne dirais pas qu’il faut le dire mais apprendre à le penser ! Il faut apprendre à entendre ce que dise les autres et comprendre le décalage avec votre mode de pensée.
    ° Pourquoi dit-il [/elle] cela ?
    -> Il est con il à rien compris ? (le plus facile à penser mais aussi la pire des choses à faire !)
    -> Je me suis planté j’étais pas clair
    -> J’étais clair mais il interprète différemment… pourquoi ?

    si tu dis « oui oui » sans le penser, tu plantes toute la Com ! La tienne comme la sienne : il pense que tu as compris où ce qu’il veut faire comprendre et tu ne prends pas conscience de l’échec de ton discours (ou tout simplement d’avoir tord !)

    à n’utiliser que si le discours s’enflamme vraiment (ou si vous êtes face à un con ! eh, oui il y en a ! mais moins que ce que l’on pense habituellement !)…

    4) Soyez prêt à répondre à des questions financières poussées
    C’est certain mais n’oublie pas qui tu regardes… des ingés !
    on est pas des spécialistes des financements et surtout on a pas d’EXP dans l’entrepreneuriat et la gestion…
    Alors c’est vrai mais c’est normal que l’on ne soit pas bon là dedans !
    Ce n’est qu’un ersatz d’un pitch de start up… un premier pas (et souvent quand on fait ses premiers pas on tombe un peu… c’est normal !)

    +1 pour « boulimie visuelle », excellente image !

    Si tu continues de poster ce genre de notes je vais revenir plus souvent sur ton blog …

    bises

    ton futur co-dirigeant

  2. Siebmanb dit :

    Je sais pas si je vais pas t’embaucher comme co-auteur moi !
    Tu as tout à fait raison pour le point 3. Je faisais allusion à l’étudiant qui s’entête. Même s’il pense avoir raison, et qu’il est trop *** pour changer, autant qu’il fasse semblant d’avoir compris 😀

    Pour les questions financières, il est bien entendu que je suis mauvais aussi mais j’ai constaté que certaines questions étaient tendues et que ça en jette quand l’étudiant répond !

    Tu reviens quand tu veux, et on se lance quand tu veux 😉

  3. ballieta dit :

    je rajouterais

    0) Choisissez un et un seul porte parole. Rien de plus brouillon qu’un micro qui change de main toutes les phrases.

  4. Siebmanb dit :

    Dans le cas du cours, je crois qu’il faut que chacun parle (pour la notation). De plus, si tout le monde parle ça montre une équipe soudée. Mais c’est vrai que des fois il vaut mieux que ceux qui ne sont pas à l’aise ne parlent pas.

    Ceci étant dit, je suis comme toi j’aime bien qu’une personne fasse tout de bout en bout…

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