Bruno Soulez, créateur d’Arthemia, en interview

Arthemia

Bruno SoulezBruno Soulez est l’une des personnes que j’ai eu la chance de rencontrer via Twitter. Pour être honnête, je ne sais même plus comment en fait ! Il est apparu au moment du lancement de « Je n’ai jamais » et il a pas mal aidé par son feedback. Aujourd’hui, je profite de son expérience dans le domaine de l’entrepreneuriat en demandant réponse à plusieurs de mes questions.

Je vous invite à lire son blog, et à la suivre sur Twitter. Je conseille également son interview télévisée où il parle de sa société Arthemia, réseau social pour les artisans.

1) Qu’est-ce qui t’a mené vers l’entrepreneuriat ?

Toujours eu l’envie de créer. J’ai toujours été fasciné par ceux qui ont réussi à révolutionner un secteur en partant de rien. Steve Jobs et Bill Gates of course. Mais aussi Francis Bouygues pour un exemple plus français.
Je suis aussi émerveillé par ceux qui arrivent à faire toujours mieux quand ils reprennent une société. Martin Bouygues par exemple, ou William Hearst.
Et naturellement j’ai commencé très tôt à « entreprendre ». Sans forcément être vraiment entrepreneur.
J’ai commencé une activité de création de site web en 96, j’avais 15 ans à l’époque. J’ai réalisé quelques sites, et surtout j’ai mis en place la version française de Darwin Awards. Mes premiers $ honnêtement gagnés!

2) Quand as-tu commencé à te considérer comme un « vrai » entrepreneur ?

Jamais. Et toujours.

3) Est-ce que tu parviens à vivre de ton activité ? Au début, ce n’était pas trop dur d’être dans la « précarité » ?

Pas encore, mais c’est un choix. Ayant quitté un poste de salarié (plutôt très confortable) il y a un an, j’ai le confort des assedics. Je peux donc ré-investir l’intégralité de mon CA dans Arthemia. Dans 1 an il faudra que je me paye, pour compenser la perte de revenu.
Vivre dans la précarité n’est pas « dur ». En devenant entrepreneur j’ai divisé par 2 mon salaire. Ca fait mal, il y a pas à hésiter. Mais le confort de vie, la qualité de ma vie a été multiplié par 100!
Avant je travaillais 60h par semaines, je rentrais le soir crevé, je pouvais pas sortir, voir des amis. Le week end, pareil, et dès le dimanche matin je commençais à re-stressser pour le lundi. Si je voulais vraiment prendre des vacances, il me fallait au moins 3 semaines : 1 semaine pour commencer à destresser, 1 semaine où j’étais vraiment en vacances, et 1 semaine pour laisser la pression remonter lentement.
Mais 3 semaines de vacances ça n’existait pas! BlackBerry allumé H-24.

Aujourd’hui je vois ma femme, je vois mes amis, je rencontre des gens tous les jours. J’adore. La « précarité » dont tu parles, je ne la vois pas: ma vie s’est améliorée!

4) Qu’utilises-tu pour faire du tracking de tes utilisateurs ?

Google Analytics est très utile.
J’ai surtout mis en place un « log » personnel qui me permet de suivre ce que les artisans font sur la plateforme Arthemia.
Je peux donc voir, dans le détail, qui utilise quelle fonctionnalité, voir si certains rencontrent des difficultés et les appeler pour résoudre le problème.
Comme Facebook: savoir ce que fait chaque utilisateurs est primordial.

5) Comment est-ce que tu luttes contre les périodes de doute ? (le creux de la vague comme on dit)

Le travail, il n’y a que ça de vrai!
Si quelque chose me fait douter, il suffit de travailler dessus jusqu’à lever (au moins en partie) le doute.
J’ai un Advisory Board autour de moi. Et ça c’est primordial.
En cas de doute, j’ai dans un premier temps ma femme qui m’aide à trouver une solution. Puis les personnes de mon AB qui m’apportent leurs idées aussi.
C’est une grande difficulté aujourd’hui d’avoir créé Arthemia seul. Il faut avoir des gens autour de soi, on ne peut pas y arriver seul!

6) Comment gères-tu ton identité et ta réputation numérique ?

Certains sujet sont proscrits d’office: pas de prise de position politique, pas d’événement personnel à moins de vraiment être sûr que la diffusion sera limitée à ma sphère privée.
Depuis mon arrivée sur Twitter les choses ont changé dans mon approche des réseaux sociaux. Aujourd’hui mon profil FB est ouvert, les photos trop persos ont été retirées. J’évite autant que possible de raconter ma vie, car ça n’intéresse personne.
Et pour améliorer le « personal branding », même photo de profil partout!

7) Que penses-tu de Twitter et quelle utilisation en fais-tu ?

Twitter a été une révolution pour moi.
Grâce à Twitter j’ai pu partager l’idée que j’avais, à l’origine d’Arthemia. Les retours, les suggestions, les idées remontées par la communauté m’ont permis d’enrichir de manière considérable le « concept ». Et encore aujourd’hui.
Avec cet outil j’ai rencontré énormément de gens. Des gens brillants, des gens captivants, des gens marrants (parfois même les 3 à la fois!).
Mes sources d’informations ont été démultipliées. J’ai appris énormément sur plein de sujets, beaucoup plus rapidement que si j’avais du faire les recherches moi-même. C’est ça Twitter, d’un coup on découvre des choses, et des gens.
Aujourd’hui Twitter fait pleinement partie de mon travail quotidien.

8 ) Ça fait quoi de passer à la TV ?

Plutôt sympa, mais passé la première réaction d’égo « yeah, I’m on TV, dude! », on réalise tout ce qu’on a pas dit, tout ce qu’on aurait dû dire, tout ce que l’autre à dit de mieux que nous….
Ca va toujours très vite, on regrette toujours plein de choses après coup!
Mais l’experience est toujours agréable!
(Ma première télé date du collège, à l’époque de la crise la vache folle!)

Merci à Bruno pour cette interview… Normalement, il sera bientôt un guest sur ce blog pour un ou deux articles !

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